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La droite populiste néerlandaise sous pression

"Les Echos" du Lundi 4 Octobre 2010

L ’extrême droite populiste néerlandaise se serait sans doute passée de ce télescopage de calendrier. A peine sorti des ors du palais royal, où il a négocié un accord politique avec les partis de la nouvelle coalition permettant d’annoncer l’interdiction de la burka aux Pays-Bas, Geert Wilders, chef de file de la troisième formation politique du royaume suite aux législatives de juin, est aujourd’hui convoqué par la justice.

Son procès s’ouvre ce matin à Amsterdam dans le cadre d’une procédure pénale pour incitation à la haine et discrimination. En cause notamment, les propos du politicien néerlandais assimilant le Coran au « Mein Kampf » d’Hitler et traitant l’islam d’idéologie fasciste dans son film controversé « Fitna ». Puisqu’il s’est exprimé hors du Parlement, son immunité parlementaire ne jouera pas. Il risque deux ans de prison et une amende de 19.000 euros. Le procès va durer six jours. Verdict le 2 novembre.

Qualifié de procès politique ou de la liberté d’expression par les populistes, ce coup de projecteur devrait cependant permettre à Geert Wilders de conforter sa popularité auprès de ses sympathisants et ses électeurs. Et leur faire oublier les « couleuvres » qu’ils vont devoir avaler suite au marchandage politique ayant présidé à l’accord de gouvernement avec les libéraux et les chrétiens-démocrates.

Bien que s’avérant le maillon indispensable à la coalition minoritaire pour mener sa politique, Geert Wilders a dû s’incliner devant le relèvement prévu de l’âge de la retraite. Certes, des mesures freinant l’immigration, le regroupement familial ou amputant l’aide au développement des pays pauvres sont au menu de la prochaine équipe au pouvoir à La Haye.

Mais ces mesures auront moins d’impact sur le porte-monnaie de l’électorat populiste que les 18 milliards d’euros d’économies prévues par le gouvernement de Mark Rutte, futur Premier ministre, dont la nomination est attendue cette semaine. Après ses explications devant la justice, Geert Wilders aura donc des comptes à rendre à ses électeurs. Promettant aujourd’hui de soutenir une politique de vaches maigres en contradiction avec son programme électoral, sa volte-face est risquée.

Didier Burg