France
Les tensions autour de la question du voile musulman ont été exacerbées à la suite de la déclaration du président Nicolas Sarkozy que la burqa n’était pas la bienvenue sur le territoire français, et de la nomination en juin par le Parlement d’une commission d’enquête ad-hoc, chargée d’envisager une possible interdiction du port dans l’espace public de voiles dissimulant le visage. En juin, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré irrecevables les plaintes déposées par quatre jeunes filles musulmanes et deux garçons sikhs, expulsés d’écoles publiques en 2004 en vertu d’une interdiction des couvre-chefs religieux à l’école, refusant une nouvelle fois de reconnaître une place à la liberté religieuse des minorités non-chrétiennes.
La cour d’appel de Paris a annulé en février les condamnations pour terrorisme datées de 2007 de cinq anciens détenus de la prison de Guantanamo, après avoir rejeté toutes les preuves provenant des interrogatoires menés dans le centre de détention américain par des agents du renseignement français, invoquant le fait que toutes les pièces n’avaient pas été communiquées à la défense et d’autres irrégularités procédurales.
La police française a démantelé un campement de fortune de migrants à Calais en septembre, arrêtant près de 300 personnes, dont de nombreux mineurs non-accompagnés. Toutes les personnes arrêtées ont été libérées un peu plus tard. En octobre, la France a expulsé trois Afghans vers Kaboul, sur un vol charter conjoint avec le Royaume-Uni.
Après son examen périodique de la France en juin, le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies a déclaré avoir "des inquiétudes sérieuses" concernant la situation des mineurs non accompagnés retenus dans les zones d’attente des aéroports. Ceux qui arrivaient à l’aéroport Charles de Gaulles de Paris étaient régulièrement détenus avec des adultes avant d’être expulsés, y compris vers des pays où ils n’avaient fait que transiter. Les enfants se trouvaient dans l’incapacité de contester efficacement des décisions qui les mettaient en danger. Ceux qui demandaient une protection en tant que réfugié rencontraient de nombreux obstacles pour déposer une demande, et pour faire appel de décisions négatives fondées sur des évaluations dans le cadre de la procédure « accélérée ».