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BARACK OBAMA, élu président des Etats-Unis malgré un long périple d’une campagne médiatique aux relents racistes et haineux.

Barack Obama n’a pas cessé d’être la cible d’une campagne médiatique aux relents racistes. Une atmosphère de haine et d’intolérance a ainsi entretenu le suspens dans les sondages. L’élection de Obama servira-t-elle à dissuader les campagnes haineuses et racistes ? Retour sur le phénomène politico-racial des élections américaines.

La race, facteur déterminant pour gouverner les Etats-Unis ?
Les origines raciales ont été l’une des plus grandes inconnues des votes électoraux car elles comptent toujours autant dans le choix des citoyens américains. Pourtant quelques semaines avant l’ascension de Barack Obama à la tête de l’État, l’équipe de campagne du Démocrate était confiante. Pour elle, le racisme ne sera pas une donnée significative du scrutin. « Si nous ne gagnons pas, je ne crois pas que ce sera en raison du racisme. », soutenait alors David Axelrod, le stratège de la campagne. Selon les estimations, la « carte raciale » jouerait en faveur de leur candidat : 95 % des Noirs voteraient pour lui notamment par solidarité raciale autant qu’en raison de ses idées ou de son talent. Pour le camp adverse, il fallait à l’évidence, sauver la candidature républicaine que les sondages ne favorisaient pas. Les partisans de McCain ont ainsi exploité le racisme politico-médiatique afin de rallier les électeurs encore indécis et pourquoi pas, réactiver le spectre de l’effet Bradley-Wilder*. Au cours de nombreux meetings, ils ont multiplié les attaques à l’encontre du sénateur de l’Illinois. Tout comme ce dimanche 12 octobre devant les partisans républicains à Arlington en Virginie où McCain a déclaré vouloir « fouetter son ’vous savez-quoi’ » Une plaisanterie révélatrice de l’humeur du candidat puisque le fouet reste aux États-Unis un instrument lié à l’histoire de l’esclavage.
 
A l’audience républicaine, friande de ce genre de propos, de rappliquer par des insultes racistes et parfois même des appels au meurtre contre Barack Obama. Comme s’il fallait rappeler les récents complots extrémistes des réseaux néo-nazismes visant la communauté noire et en particulier, le candidat afro-américain à la présidence.
 
Ou bien encore la diffusion massive gratuite de 28 millions d’exemplaires du Dvd« Obsession », film de propagande qui suscite la haine contre l’Islam et les musulmans : un bien étrange Dvd, un film scandaleux censé convaincre les indécis de l’existence d’un péril islamique et par la même occasion, les inciter à voter pour le candidat républicain, John McCain.
 
Dans cet incendie médiatique, les Républicains ne se sont pas privés de fustiger Barack Obama en rappelant les récents sermons enflammés et plus que controversés du Révérend Jeremiah Wright, ami fidèle et ancien conseiller spirituel du sénateur Obama. Le prêcheur Wright avait en effet, eu des propos haineux contre le peuple américain et la politique étrangère de Washington. Les vidéos de ses discours ont ainsi circulé tout au long de la campagne présidentielle. Un cocktail détonnant qui a de quoi exacerber la peur et la colère de beaucoup de patriotes blancs américains sensibles aux préjugés et à la guerre en Irak. Souvenirs douloureux que les partisans républicains ont utilisé sans vergogne.
 
Un racisme contre Obama qui ne dit pas son nom !
Lors des rassemblements républicains, Sarah Palin, la colistière de John MacCain, ne s’est pas privée d’insister sur le deuxième prénom du candidat démocrate, Barack Hussein... suggérant par la même occasion, l’association avec un islam présumé. Et que dire de « Obama n’est pas des nôtres  », l’un des slogans véhiculé par l’équipe républicaine ? Sans compter les nombreux slogans sur Internet mettant en cause la race, la religion et même le nom d’Obama, terriblement proche d’Ossama [ben Laden] Autrement dit, Obama représenterait un dérangeant ennemi des Etats-Unis. Il est arabe, musulman et non chrétien. Un candidat accusé d’être un terroriste et ami de terroristes... En une trainée de poudre, un déchainement de haine encouragé par des discours politiques vindicatifs, détruisent l’authenticité du démocrate afro-américain.La violence raciste a atteint un tel degré que le candidat McCain a dû freiner le mouvement en affirmant respecter son adversaire même s’il ne partageait pas ses idées. Mais une campagne qui prenait vraisemblablement une tournure " racialo-religieuse" selon le site français Desourcesure.com. Pourtant à ce jeu dangereux, la discrimination a davantage atteint McCain en raison de son âge que Obama en raison de sa couleur de peau. En effet, de récents sondages indiquent que sa couleur n’est pas un obstacle contrairement à l’âge de McCain. A 72 ans, il aurait été le président le plus vieux de l’histoire des États-Unis portant avec lui, le lourd héritage de George Bush. N’en déplaise à l’Amérique profonde des États du sud au passé esclavagiste où la théorie de l’effet Bradley aurait pu émousser l’avance de Barack Obama dans les sondages.
 
L’Américain moyen n’avouera jamais qu’il est raciste !
D’emblée, les enquêtes d’opinion ne signifient pas que le racisme a disparu aux Etats-Unis. Elles ne sont pas fiables à 100%. D’autant plus que le racisme est impossible à quantifier. Il est difficile à distinguer des multiples facteurs souvent contradictoires qui vont déterminer le vote des Américains. Par exemple, les électeurs sudistes soutiendraient auprès des instituts de sondages, vouloir voter pour le candidat Obama par crainte de paraître racistes. Mais une fois dans l’isoloir, ils voteraient pour John McCain. Cela même si depuis le début des années 80, l’opinion a évolué. En effet, « très peu d’Américains admettent aujourd’hui qu’ils sont racistes, si ce n’est quelques milliers de néo-nazis, ou de membres du Ku Klux Klan, qui ne sont plus que mille à deux mille dans le Sud. L’Américain moyen ne l’avouera jamais.  », explique Gary Weaver, professeur à l’American University de Washington. De ce fait, « Barack Obama est victime de ce que les érudits surnomment ’un racisme sans racistes’.  », confie Nicholas Kristof journaliste au New York Times. D’ailleurs les politologues pensent avoir constaté un effet Bradley « inversé  » accompagné d’une sous-estimation par les sondeurs du vote noir quand un Afro-Américain se porte candidat. Et si après tout, l’Amérique actuel avait changé ! Plus que la couleur de peau du sénateur de l’Illinois, c’est la mauvaise santé de l’économie nationale et mondiale qui semble désormais préoccuper les Américains. Ils savent mettre de côté leurs préjugés surtout si cela est dans leur intérêt. Quelle qu’en soit la raison, Barack Obama est à leurs yeux, le seul et le plus apte à sauver l’Amérique du gouffre financier.
 
*Référence au nom de Tom Bradley, ancien maire démocrate afro-américain de 1973 à 1993 de Los Angeles en Californie, a perdu l’élection au poste de gouverneur en 1982 du fait de sa couleur de sa peau alors que les sondages et la presse le donnaient vainqueur. De même en 1989, un candidat noir, Doug Wilder, avait remporté de justesse le poste de gouverneur de Virginie (est), alors que les sondages lui donnaient une avance de 10%.