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Le lycée privé musulman Averroès déménagera dès septembre

Le lycée de la rue de Marquillies, à la mosquéede Lille-Sud, s’est longtemps cherché une nouvelle adresse. C’est le 22 décembre qu’il a enfin signé l’acte d’achat de locaux, dans la même rue, quelques numéros plus loin. Neuf ans après son ouverture, quatre ans après son contrat avec l’État, Averroès s’apprête à tourner une nouvelle page. Il déménage en septembre, passant à 250 élèves et créant une première classe de 6e.

1.La nouvelle adresse. En 2006, cela aurait pu être à Villeneuve-d’Ascq, en face de l’hôtel de ville, mais la vente de l’immeuble a échappé de peu à l’association Averroès. En 2009, cela aurait pu être sur le site de la déchetterie de Moulins, mais sa fermeture n’était pas pour tout de suite - et d’ailleurs LMCU a changé d’avis depuis et maintient ce site. Plus tard, cela aurait pu être rue Abélard, à Lille-Sud, mais le Plan local d’urbanisme n’autorisait pas l’implantation d’un établissement scolaire. Voilà pour les pistes les plus sérieuses. L’association de gestion du lycée a aussi tourné autour de Lille, repéré des lieux à Roubaix, Tourcoing, Wasquehal... « Mais on s’est dit qu’il fallait rester à Lille », sourit El Hassane Oufker, directeur du lycée. La chance est venue au n° 86 (Averroès est actuellement au 59), des locaux vides depuis trois ans, à vendre. Ils abritaient un centre de formation professionnelle et d’apprentissage.

 

2.Les travaux. Quelque 5 000 m² appartiennent désormais à l’association. « Nous les avons achetés pour 1,5 M E », indique Makhlouf Mamèche, directeur adjoint. Investissement de taille (lire ci-dessous) auquel il faut ajouter 500 000 E de travaux de mise en conformité, lancés sous peu. « C’est un projet d’avenir, poursuit M. Mamèche. Dès septembre, le lycée intègre le rez-de-chaussée, il y a déjà des salles de cours, des tableaux au mur, etc. Les étages se feront dans un deuxième temps », en 2013-2014. Le projet prévoit une cantine, une salle de sport, des labos, des salles de lecture... Le bâtiment tout en longueur possède une entrée rue de la Prévoyance. C’est là que se fera l’entrée des élèves en septembre.

3.Les ambitions. « Pour l’instant, nous restons une petite structure, c’est ce qui a fait notre force, note El Hassane Oufker, c’est qui a toujours permis un excellent suivi des élèves »... et un taux de réussite au bac de 100 %. Lancée avec une quinzaine d’élèves, tous en 1re scientifique, la proposition d’enseignement du lycée s’est étoffée depuis 2003 (sections S, ES, STMG, bientôt une section L), ses effectifs aussi. Alors qu’il était au maximum de sa capacité d’accueil il y a deux ans (110 élèves), il a dû investir une partie de la salle de prière des femmes de la mosquée pour loger ceux qui se présentaient à la porte. Résultat : 200 élèves inscrits cette année. « On se marche un peu dessus ! », admet le directeur. Il y a donc urgence à quitter la mosquée et à respirer un peu. Une évolution que les vingt-six enseignants appellent aussi de leurs voeux. « L’an prochain, on sera 230 à 250 si l’on se fie à la progression statistique naturelle. » Mais à terme, cela sera plus. Les locaux sont tels que 500 à 600 élèves y vivraient sans se gêner. De plus, « à la demande des familles », l’extension au collège semble inéluctable. Dès septembre, c’est une classe de 6e qui devrait ouvrir.


UN INVESTISSEMENT LOURD, ESSENTIELLEMENT PRIVÉ

En n’étant plus hébergé à la mosquée, le lycée s’impose des frais importants. D’abord l’achat des locaux pour 1,5 ME. Puis leur mise en conformité pour 500 000 E. Suivront les travaux pour transformer les anciens locaux du centre de formation en lycée. « C’est une parcelle très dense, il va falloir créer du vide, déconstruire, tout en gardant l’histoire du lieu, donc les sheds », argumente l’architecte Oussama Bezzazi (Atelier APA, à Roubaix). Montant de la facture : 7 ME. Des dépenses que l’association de gestion envisage progressives. Une campagne de mobilisation de fonds auprès des fidèles de France et d’Europe (Hollande, Allemagne, Suisse, bientôt Belgique) a été menée et continue de l’être dans les mosquées. Une autre partie de l’investissement est financée par les prêts. « Nous nous endettons », sourit-on à l’association, qui a sollicité la Région pour une convention et donc un coup de pouce financier (assez symbolique au regard des sommes engagées).

Enfin, le lycée bénéficie d’un contrat avec l’État depuis quatre ans, ce qui signifie que son enseignement est reconnu, mais aussi, concrètement, que ses professeurs sont payés par l’État. Un oxygène de 360 000 E par an. Malgré tout, les familles n’échapperont pas, dès septembre, à une hausse des frais de scolarité. De 800 E par an, ils devraient, selon les revenus, dépasser les 1 000 E. • ST. F


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