Pour les fidèles escaudinois aujourd’hui, pas question de sacrifier la fête de l’Aïd

Nous les avions laissés il y a un mois environ le jour de leur porte
ouverte à la mosquée d’Escaudain. Ce jour-là, ils avaient, avec le
sourire, accueilli les non musulmans désireux d’en savoir plus. Hier
après-midi, veille de l’Aïd, nous y sommes retournés à un moment
important de la journée : la rupture du jeûne.

Il est un peu plus de 17 heures, le jour vient de tomber, et les fidèles se regroupent à l’intérieur de la salle de prière. Quelques minutes de recueillement entrecoupées par la voix de l’imam. Puis vient le temps du repas. « Une datte pour rompre le jeûne, et de l’eau pour se purifier », détaille Samuel Damiens, chargé entre autres du dialogue inter-religieux à la mosquée. Du traditionnel donc, mais pas seulement : sur la table, de la soupe, des gâteaux, des morceaux de pizzas... Personne n’est venu les mains vides (sauf nous) et chacun a apporté sa contribution au garde-manger. Les plus jeunes se chargent du service. « C’est un moment de convivialité spontanée, on a dit que l’on ferait un petit quelque chose et ça s’est fait naturellement », explique Nourreddine Zinelaarsa. Lui a vécu longtemps au Maroc, et pour lui, l’Aïd est « un moment fort ». Il a un peu de nostalgie dans la voix quand il nous confie : « Mon frère habite à plus de mille kilomètres de chez ma mère au Maroc. Eh bien, il fait le déplacement jusque chez elle pour l’Aïd... » Un moment de convivialité, de partage où les musulmans ont pour habitude de se réunir en famille, entre amis. « On manifeste cette joie,ajoute Samuel Damiens. On ne s’habille pas pareil que les autres jours, on prend soin de soi. » Aujourd’hui, la salle des sports denaisienne devrait donc attirer les croyants par dizaine pour la prière suivie du sermon de l’imam. Puis vient le rituel du sacrifice (du mouton, de l’agneau). Un rituel qui se veut ouvert et généreux, mais qui n’a pas toujours eu bonne presse. Samuel Damiens est très clair sur le sujet : il y a « une réglementation en France » qui invite les fidèles « à se rendre dans des abattoirs spécifiques ». Libre à chacun ensuite de respecter cette obligation... ou pas.

Ce que veulent surtout retenir les responsables de la mosquée, c’est la notion de partage. « La bête est divisée en trois parties : une partie pour soi, une autre pour sa famille et une troisième pour les nécessiteux. » À tous les nécessiteux, musulmans ou pas, tiennent encore à préciser les Escaudinois. Qui ont décidément fait du dialogue inter-religieux leur leitmotiv.

http ://www.mosquee-escaudain.fr/

Dimanche 06.11.2011, 05:32La Voix du Nord