L’islam, un chemin vers la paix

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L’islam occupe le devant de la scène depuis des années en France. Les maisons d’édition et les journaux en profitent pour gonfler leurs tirages.

 

Les émissions de télévision consacrées aux musulmans se multiplient. Les hommes politiques, en panne d’idées novatrices trouvent dans ce climat une véritable aubaine pour mobiliser leur électorat. Cette compagne de diabolisation et de diffamation sans précèdent des musulmans dans l’histoire de la France de l’après-guerre explique les résultats du dernier sondage publié dans le Figaro et dans lequel 43% des Français considèrent l’islam comme une « menace ».

 

Depuis les drames de Toulouse et Montauban qui ont frappé des familles juives, chrétiennes et musulmanes, les simplifications, les manipulations et les raccourcis intellectuels et médiatiques sur l’islam se sont généralisés. On a fait porter la responsabilité de ces attentats odieux sur l’ensemble des musulmans.

 

Aujourd’hui, il n y a pas une musulmane ni un musulman en France qui ne soit régulièrement interpellé sur les questions de la violence. Certains chercheraient même à établir un lien, qui s’apparenterait implicitement à une règle selon laquelle la violence serait une donnée intrinsèque à l’islam.

 

Que disent les textes fondateurs des religions et notamment l’islam sur la guerre, la violence et le respect de l’autre ?

 

Quels sont les facteurs qui poussent certains jeunes à adopter les lectures extrémistes de la religion, voire à s’engager dans des actes de violence ?

 

La présence coercitive de l’État dans certains quartiers, les discriminations raciale et ethnique et la paupérisation alimentent elles les tentations extrêmes ?

 

L’institutionnalisation du culte musulman peut-elle faire barrage à ces tentations extrêmes ?

 

Si les non musulmans ont peur, les musulmans de France vivent eux aussi dans l’angoisse du lendemain et se posent beaucoup de questions sur leur avenir et celui de leurs enfants :

Pourquoi n’accède-t-on pas aux mêmes responsabilités selon la couleur de sa peau ou la consonance de son nom ?

 

Pourquoi le major de promotion d’une école d’ingénieurs est encore au chômage au bout de deux à trois ans parce qu’il est noir ou arabe alors que ses camarades ont tous trouvé un emploi ?

 

Pourquoi persiste-t-on à parquer les musulmans dans des ghettos sociaux ou s’accumule les problèmes de chômage, d’insécurité et de marginalité avec les conséquences que l’on connait ?

 

C’est pour débattre de toutes ces questions que se tient à Lyon le 2ème forum islamo-chrétien qui regroupe une cinquantaine de personnalités musulmanes et chrétiennes et des experts venus de toute la France. Tout en résistant aux amalgames, les musulmans doivent pourtant répondre aux inquiétudes des Français de façon digne et claire en se gardant de cautionner les discours politiques qui jouent de leurs peurs. Ils doivent défendre la dignité humaine, combattre toutes les formes de racisme, respecter la diversité religieuse et agir pour que l’égalité entre les individus soit réelle.

 

Aux côtés des autres religions, ils doivent promouvoir la culture de la paix et du vivre ensemble, favoriser le dialogue entre les cultures et les croyances sans craindre le relativisme. Ils doivent enfin construire un discours responsable, clair, audible et pacifiant. Un discours qui permettra à l’Islam d’être ce qu’il a toujours été, c’est à dire une religion de tolérance et d’ouverture et un chemin vers la paix.

 

Azzedine Gaci, Recteur de la mosquée « Othmane » de Villeurbanne.

 

Source : Oumma

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