La nouvelle année hégirienne 1439 / Zakat Al Mâal (l’Aumône)

Au Nom de Dieu Le Clément Le Tout Miséricordieux

 

A l’occasion de la nouvelle année hégirienne 1439, l’UOIF tient à exprimer ses meilleurs vœux aux musulmans de France, d’Europe et du monde entier en souhaitant que cet événement soit accompagné de beaucoup de bonheur et de bénédiction pour notre pays et pour le monde entier. Puisse Dieu nous le faire revivre dans la joie, la paix et la sécurité.

 

La Zakat, qui constitue le sujet de notre propos ici, est un des cinq piliers fondamentaux de l’Islam. Il s’agit d’un devoir incombant à tout musulman remplissant les conditions, qui devra par conséquent en verser le montant à ceux qui ont le droit d’en bénéficier. Le Saint Coran mentionne à plusieurs reprises la Zakat à travers ses versets parmi lesquels : « Ceux qui ont la foi, qui ont fait de bonnes œuvres, qui ont accompli la Salat et se sont acquittés de la Zakat, auront certes leur récompense auprès de leur Seigneur et ne seront point affligés. »(s.2, v.277).

 

La Tradition Prophétique de notre noble messager, paix et salut soient sur lui, regorge également de Textes en faisant mention. Boukhari et Muslim rapportent selon ‘Abd Allah Ibn ‘Omar qui dit : « J’ai entendu le Messager d’Allah dire : L’Islam est construit sur cinq piliers (fondations) : l’attestation qu’il n’y a de dieu que Dieu et que Mohammed et Son messager, l’accomplissement de la prière, l’acquittement de la Zakat, le jeûne du Ramadan, et le pèlerinage à la Maison Sainte. »

 

La Zakat fut prescrite à des fins d’une infinie sagesse, il s’agit pour le croyant aisé d’avoir une vision différente et particulière de ses biens, il doit en effet les considérer comme une amanah, un dépôt, que Dieu lui a confié, il doit en observer strictement  les droits et les  utiliser dans les limites de ce qui satisfait Dieu Le Très-Haut.

 

Le Tout Puissant exhorte les croyants à dépenser de leur argent dans le but de subvenir aux besoins des pauvres et des nécessiteux : « Quiconque prête à Allah un bon prêt, Il le lui rendra multiplié maintes fois. Allah restreint et étend Ses faveurs, et c’est vers Lui que vous retournerez. »(s.2, v 245).

 

Cette aumône légale de l’Islam représente l’un des premiers systèmes de solidarité sociale qu’ait connu l’humanité (son instauration remontant au septième siècle), son dessein n’est autre que de concrétiser et de renforcer la protection et la cohésion sociale entre les individus de la société puisqu’il est veillé à ce qu’une partie des richesses soit redistribuée aux classes sociales les plus en difficultés. C’est la raison pour laquelle elle doit être versée prioritairement aux nécessiteux du pays de résidence du croyant, dans le hadith de Mou’adh, rapporté par Boukhari et Mouslim, le Propgète paix et (PBSL) luidit : «  …annonce-leur que Dieu a imposé une aumône qu’on prend de leurs riches pour la redistribuer entre leurs pauvres… »

 

Il s’agit aussi, dans un même temps, d’une bénédiction  des biens du contribuable et de la purification de son âme étant donné qu’il va à l’encontre de son égoïsme, de sa cupidité, de sa jalousie et qu’il s’impose d’accorder de l’importance à la souffrance d’autrui. Il ne faut pas oublier qu’elle protège et apaise aussi la personne nécessiteuse de sa jalousie, de sa frustration de ne pas « posséder » et de la rancœur qu’elle pourrait éprouver à l’égard des gens aisés.

 

Ainsi, la cohésion sociale, la solidarité des individus, la victoire contre la misère et tous les problèmes socio-économiques, puis éthiques qui s’en suivent sont tous autant des objectifs atteints et des problèmes résolus par l’acquittement de la Zakat lorsque la gestion de l’impôt collecté est appliquée et réussie.

 

Les juristes ont autorisé le versement de la Zakat avant l’échéance reconnue et expliquée ci-dessous, en revanche, ce ne fut pas le cas pour ce qui est de le retarder sans raison valable, au-delà de son échéance, après celle-ci elle devient donc une créance qui incombe au croyant à ce moment là, le Prophète que la paix et le salut soient sur lui a dit : « Le retard du riche (à verser les droits) est injustice… » .

 

Cette aumône purificatrice est obligatoire à deux conditions : atteindre le nissab et observer l’écoulement du hawl (année hégirienne).

 

Concernant le nissab, il s’agit du montant minimal précis fixé par la législation musulmane, à partir duquel la Zakat devient obligatoire pour les croyants possédant ce montant. Cette somme est variable selon le type de biens.

 

Quand à l’écoulement du hawl, il n’est autre que le passage complet de l’année hégirienne (composée de 12 mois lunaires) durant laquelle la valeur du bien ne doit pas avoir été inférieure au seuil légal (nissab).

 

La législation musulmane a déterminé le nissab à la valeur équivalente de 85 grammes d’or. Par conséquent Dar El Fatwa déclare le nissab à 2986 euros au premier Muharram 1439, seuil calculé sur la base du cours de l’or au 20 septembre 2017, publié par le site officiel de la Banque de France.

 

Nous implorons Allah Le Tout Puissant  d’accepter nos bonnes œuvres et de nous couvrir de sa Miséricorde. Le Très Haut dit : « Et Ma Miséricorde a embrassé toute chose. Je la prescrirai à ceux qui me craignent, s’acquittent de la Zakat  et ont foi en Nos signes. »(s.7, v.156)

 

Paris, 1 de Muharram 1439

Musulmans de France

Dar el Fatwa

 

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