Bain de sang à Gaza - L'Union des Organisations Islamiques de France

Bain de sang à Gaza

Ce jour de commémoration de la « Nakba » du 18 mai 1948 qui a vu l’exil forcé de centaines de milliers de palestiniens est celui où l’administration américaine officialise le transfert de son ambassade de Tel Aviv vers Jérusalem, dans son geste surréaliste de la reconnaissance unilatérale et isolée de Jérusalem comme capitale d’Israël. Soixante-dix ans après, la situation des palestiniens n’a fait que s’aggraver, relégués à des citoyens de seconde zone ou subissant les pires humiliations dans les zones dites « autonomes ». Et cela, accompagné de l’expansion continue et illégale des colonies et l’appropriation des ressources.

 

Depuis plusieurs semaines, les palestiniens de la bande de Gaza tentent d’attirer le regard du monde par l’organisation de marches pacifiques près de la frontière. Beaucoup de jeunes gens y participent, conscients du sort désespéré qui est le leur. Gaza, une prison à ciel ouvert depuis presque dix-ans, peine à survivre face à un blocus inhumain et n’a plus aucun horizon pour sa jeunesse. Depuis des semaines, des manifestants sont injustement tués par des soldats israéliens.

 

Comme cela était attendu en ce jour si lourd, des dizaines de milliers de manifestants ont exprimé leur colère, pacifiquement. La réponse de l’armée israélienne est sanglante : plus de cinquante-deux morts dont huit enfants et plusieurs centaines de blessés, selon un bilan provisoire du ministère palestinien de la Santé.

 

Musulmans de France est horrifiée de la violence et de l’impunité avec laquelle Tsahal prétend défendre sa frontière. Il s’agit d’un bain de sang gratuit et extrêmement grave.

 

Musulmans de France est très préoccupée par ce carnage qui n’augure en aucun cas une amélioration pour le sort de cette région meurtrie.

 

Musulmans de France appelle la France, l’Union Européenne et l’ONU, fortes des dispositions internationales, à intervenir immédiatement afin de protéger une population civile face à une armée et de mettre fin à l’impunité du gouvernement israélien.

 

A l’approche du mois béni de Ramadan, Musulmans de France prie en faveur des victimes et de leurs proches et pour que l’humanité retrouve le chemin de la justice et de la paix.

 

Musulmans de France,

La Courneuve, le 14 mai 2018.

Commentaires (1)

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  1. Baudrier Gérard Ibrahim

    SALAM conflit Israélo-Palestinien
    Je pense que parler du problème est bien mais pas pour en faire de la propagande et attiser de la haine. Nous devons avoir un regard intelligent sur ce douloureux conflit qui ne cesse de faire des victimes innocentes dans les deux camps. A quand la fin de cette boucherie inutile.
    Qui tire vraiment les ficelles de ce conflit qui est sans doute le travail de plusieurs puissances, comme dans d’autres conflits dans le monde entier ?
    Ce qui se passe dans le monde entier est très préoccupant que cela concerne les pays en guerre ou une communauté musulmane est importante ou ailleurs Dénoncé ce genre d’action ignoble c’est bien , mais que cela ne soit pas uniquement pour le conflit israélo-palestinien héritage du 20è siècle, mêle des questions territoriales, politiques, culturelles et religieuses
    Rappel du Conflit.
    17 novembre 1947 accord tacite passé entre Golda Meïr et le Abdallah bin al-Hussein, assassiné le 20 juillet 1951 à Jérusalem, par un apprenti de tailleur de 21 ans, Mustafa Ashu.
    14 mai 1948 retrait britannique du Territoire Palestinien .Ce même jour La déclaration d’indépendance d’Israël qui est la conséquence du congrès sioniste de Baltimore, aux États-Unis, en 1942, qui fixe explicitement l’objectif de l’État juif, David Ben Gourion qui est le préambule de la la résolution 181 adoptée à la majorité requise des deux tiers à l’Assemblée générale des Nations unies. un État juif sur 56 % de la Palestine, un État arabe sur les 44 % restants et enfin un régime de tutelle internationale pour Jérusalem et les Lieux saints (« corpus separatum »
    10 mars 1949, date de la dernière bataille de la guerre prise d’Umm Rashrash, future Eilat, une alternance de combats et de trêves débouche pour les Palestiniens sur la Nakba, نكبة la Catastrophe
    30 MAI 1964 : La création de Organisation de libération de la Palestine منظمة التحرير الفلسطينية, Mounadhamat al-Tahrir al-Filastiniyah,sous l’égide égyptienne résulte d’une décision de Ligue des États arabes جامعة الدول العربية, Jāmiʻah ad-Duwal al-ʻArabīyah)
    JUIN 1967 : Israël occupe la Cisjordanie الضفة الغربية aldifat al-gharbia et La bande de Gaza قطاع غزة, Qita’ Ghazzah
    1967 du 5 au 10 juin défaite arabe au cours de la guerre des Six Jours radicalise l’OLP
    16 SEPTEMBRE 1970 : « Septembre noir » Le roi Hussein saisit l’occasion et lance son armée contre les فدائي fedayin (Combattant palestinien engagé qui se sacrifient dans des opérations de guérilla)
    13 AVRIL 1975 : Le début de la guerre civile libanaise les dirigeants libanais sont de plus en plus inquiets de voir les Palestiniens constituer un État dans l’État, avec des camps de réfugiés, des milices, des quasi-ministères, des services d’aide sociale, etc.
    17 MAI 1977 : La victoire du Likoudהליכוד, « la consolidation en Israël créé en 1973, sous la direction de Menahem Begin.
    17 SEPTEMBRE 1978 : Les accords de Camp David( Sadate et du président Carter) la conclusion de la paix entre l’Égypte et Israël Menahem Begin a obtenu en échange du Sinaï سيناء – סִינַי.
    6 JUIN 1982 : L’invasion du Liban par Israël l’opération« Paix en Galilée »
    7 DÉCEMBRE 1987 : Le déclenchement de l’Intifada انتفاضة le soulèvement. accident de circulation entre un véhicule israélien et un taxi collectif palestinien, dont deux occupants meurent, met le feu aux poudres.
    30 OCTOBRE 1991 : La Conférence de Madrid (guerre du Golfe ) « test politique de l’après-guerre froide. L’Amérique doit diriger »
    Itzhak Shamir est contraint d’accepter le principe de la conférence de paix proposée par les États-Unis, avec une participation palestinienne au sein d’une délégation commune avec la Jordanie.
    13 SEPTEMBRE 1993 : L’accord d’Oslo, poignée de mains d’Itzhak Rabin et de Yasser Arafat, les deux signataires affirment vouloir mettre en place une autonomie palestinienne transitoire dans les Territoires occupés par Israël en 1967
    4 NOVEMBRE 1995 : L’assassinat d’Itzhak Rabin assassiné par Yigal Amir, un Israélien juif étudiant en droit et opposé aux accords d’Oslo.
    25 JUILLET 2000 : L’échec de Camp David Ehud Barak reporte aussi bien le troisième redéploiement de l’armée israélienne des Territoires occupés que les négociations sur le statut final, qui auraient dû commencer en 1996 !
    Ehud Barak ayant décidé de démissionner, provoquant des élections anticipées en février. Ariel Sharon Gagne. Qui en montant sur l’esplanade des mosquées, le 28 septembre 2000, Le 6 février 2001, Ariel Sharon est élu Premier ministre d’Israël. La suite est – hélas ! – connue…
    Conclusion
    les Palestiniens qui ne sont tous des musulmans, bien sûr, sont les premières victimes de ce conflit interminable.
    C’est en regardant une réalité démographique que le pourvoir israélien se renforce dans tout son ampleur et son horeur
    Au coeur d’une telle mêlée, la clé de la victoire a pour nom : démographie. Or, dans le « Grand Israël », cher au chef du Likoud, les Arabes deviendront majoritaires . en 2020, ils seront probablement 9millions d’habitants contre 6,7 millions de Juifs en Israïl . (il y en a plus dans les autres parties du monde avec immigration juive peu massive vers Israël,) Et cette majorité deviendra vite écrasante.
    L’Etat israélien « État juif et démocratique », aura deux choix :
    Fera face à une contradiction stratégique majeure :
    soit il choisira la démocratie, donc il accordera le droit de vote à tous les habitants, auquel cas ce ne sera plus un État juif ;
    soit il tiendra à préserver son caractère juif, auquel cas il ne pourra pas être démocratique.
    L’imposition de la loi juive à une majorité arabe, sans cesse plus large, exigera l’instauration d’un véritable apartheid. Ce qui provoquera des soulèvements plus puissants encore que l’actuel, auxquels l’armée israélienne réagira par une répression dont le présent massacre ne représente qu’un avant-goût. Ce scénario comporte une fin possible : l’écrasement des Palestiniens, mais aussi la disparition de l’État d’Israël.

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