A toi ma très chère maman, - L'Union des Organisations Islamiques de France

A toi ma très chère maman,

 

Je ferme les yeux dans ce tumulte que je viens de vivre…ou plutôt mes yeux se ferment sans que je ne puisse le contrôler, une image s’impose à moi : le visage de ma maman. Puis comme dans les films, un rembobinage et à toute vitesse se plaque dans mon cerveau.

 

Un battement de cœur, je pense que c’est le tien maman. J’ai lu une fois dans un magazine de salle d’attente que personne à part l’enfant pouvait mesurer l’amour de sa mère pour lui car après tout il sait comment le cœur de celle-ci bat de l’intérieur. A l’époque, j’avais trouvé ça un peu tirer par les cheveux et pourtant j’entends ce même battement…et mon intime conviction me dit que c’est le tien. Ma chère maman, j’entends ce cœur qui bat et je sais déjà qu’il me protégera. C’est sur ce tempo là que mon cœur s’est mis à battre par la grâce de Dieu à l’unisson.

 

Pourtant maman, il fut un temps où ce diapason a été éprouvé par mon besoin d’affirmation, par mon envie de liberté, d’indépendance que sais-je ? En tout cas, sache aujourd’hui maman que je te demande pardon pour toutes ces fausses notes qui ont dû apporter de nombreux soupirs et bémols à la partition de ton rythme cardiaque. Pardonne-moi…Puisse Dieu me pardonner mes manquements, mes mots inadaptés, mon haussement d’épaules, mes actes manqués et toutes les peines involontaires que j’ai pu te causer.

 

Malgré cela tu es restée un chef d’orchestre admirable, une source inspiration sans faille. Je devine, pour la première fois, à quel point tu t’es sacrifiée pour me donner le meilleur. Je comprends que tu m’as accordé ta jeunesse, que tu as su concilier le travail et mon éducation en faisant de mon bonheur ta mission première. Je me souviens de cette phrase qui prend seulement sens aujourd’hui : « sois heureuse et je le serais ».

 

Une maman est sans doute l’être humain le plus apte à vivre son bonheur par procuration de celui de ses enfants. Alors pour tout ça merci infiniment. Je demande à Dieu de te réserver la meilleure place au paradis pour cette aptitude au sacrifice et à la bienveillance dont tu m’as inondé.

 

Je rends grâce à Dieu qui m’a gratifiée le bonheur de grandir à tes côtés et je pense à ceux qui ont été éprouvés par la perte de cette boussole. Puis Dieu te garder encore près de moi. Je Lui demande aussi la Miséricorde pour celles qu’Il a rappelé à Lui.

 

Je revois ton sourire alors que je te récitais mes premiers poèmes pour la fête des mères assortis d’un cadre affreux ornés de nouilles que ton amour obligeait à exposer comme un trophée sur l’armoire du salon.

 

Je revois ton inquiétude lorsque tu ressentais que quelque chose ne tourner pas rond. Je sens encore la douceur de tes bisous magiques sur mes genoux écorchés car j’étais tombée faute de t’avoir écouté.

 

Je souris à ces milliers de menaces à base de « je te préviens » que tu me lançais quand je feignais de ne pas t’entendre pour débarrasser la table ou que je me chamaillais avec mon frère. En as-tu mis ne serait-ce qu’une à exécution ?

 

Mon cœur palpite à l’idée de toutes fois où par contre tu n’as pas menacé mais où la sentence est tombée quand même. Aie !!!

 

Je ressens aujourd’hui ses larmes que tu tentais de me dissimuler lorsqu’une épreuve touchait notre famille et aujourd’hui seulement je me souviens de cette excuse que tu trouvais pour tenter masquer ta peine : « mais non je ne pleure pas !!! c’est la poussière ! »

 

Je te pardonne aussi maman tous ces attentats vestimentaires dont tu as été coupable en m’affublant de ces cols roulés moutarde qui me grattaient la gorge.

 

Je ne pourrais jamais te témoigner la reconnaissance que j’ai pour toi de m’avoir encouragée dans mes projets sans jugement en me conseillant ou en me stoppant quand ils étaient trop farfelus.

 

Merci de m’avoir fait découvrir, connaître, ressentir puis aimer Dieu par ton comportement, ta droiture, ton empathie, ton endurance. Personne à part toi ne m’a fait vivre cette idée que sans Lui nous ne sommes rien.

 

Alors voilà, je sens que mes paupières s’ouvrent à nouveau, je renoue avec l’environnement que j’ai quitté il y a quelques minutes le temps de cette introspection qui m’a fait comprendre combien je t’aime maman.

 

La lumière est vive, je sens un poids tout doux tout chaud sur ma poitrine…elle est là ! Elle me crie déjà dans les oreilles je vais vite devoir lui dire 2 mots…et grâce à ce cri j’ai compris ce que c’était d’être maman.

 

Cette inquiétude qui ne nous quitte plus, cette caractéristique qui nous rend irremplaçable, cet amour inconditionnel qui, par la puissance de Dieu, nous envahit…devenir mère m’a rapproché de toi maman … c’est aujourd’hui la fête des mères.

 

L’hommage national à ce statut n’est pourtant rien à côtés de ce que je ressens pour toi tout le reste de l’année. Mon cœur te fête chaque jour que Dieu fait…

 

Bonne fête maman !

 

C.V.D

 

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