Communiqué – La loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux : 10 ans après (2004 – 2014)

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Il y a tout juste dix ans, était votée la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux, communément appelée la loi sur le voile tant il est vrai qu’était visée cette pratique de la religion musulmane.
Dès lors, l’UOIF s’est engagée aux côtés d’autres associations et organisations de la société civile contre cette loi d’exclusion qui a interdit de fait l’école de la République à certains de ses enfants.
Une fois la loi votée, l’UOIF, avec d’autres organisations, a maintenu son engagement en dénonçant son application abusive et en accompagnant les fidèles en difficulté.
L’UOIF constate avec amertume les dérives qui ont suivi cette loi particulièrement stigmatisante pour les musulmans de France. En effet, la couverture médiatique biaisée a favorisé l’expression sans gêne de certains esprits racistes ou haineux et même le passage à l’acte de certains extrémistes. Beaucoup d’observateurs ont fait depuis, le constat terrible de l’augmentation des actes islamophobes (discriminations dans toutes les sphères de la société, agressions verbales et/ou physiques, vandalisme des lieux de culte, menaces, etc.) avec des chiffres qui ne cessent d’augmenter sans que l’indignation de la société ou de la classe politique ne les accompagnent. D’ailleurs, depuis la loi du 15 mars 2004, c’est toute une série de lois ou projets de loi ou encore des circulaires qui sont venues régulièrement mettre à l’index les musulmans (interdiction sorties scolaires femmes voilées, interdiction du voile intégral dans l’espace public, les assistantes maternelles …).
L’UOIF s’attriste du dévoiement de la laïcité qui en a résulté. Cette laïcité sensée, selon la loi de 1905, garantir aux citoyens l’exercice de leur culte via la stricte neutralité de l’Etat, se trouve travestie au bout de dix ans en une nouvelle laïcité qui empiète inlassablement sur les droits et les libertés religieuses des individus.
L’UOIF déplore que cette loi isole la France des autres grandes démocraties occidentales en ce qu’elle a légitimé une discrimination fondée sur la pratique d’une religion (voir l’avis accablant du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU paru en 2012 et concernant la France). De cette discrimination institutionnelle se sont déployées des discriminations diffuses et latentes au sein de la société, ce qui a considérablement dégradé notre « vivre-ensemble ».
L’UOIF garde l’espoir pour les prochaines années d’un retour à une laïcité apaisée, ouverte et fidèle à ses principes fondateurs. Pour ce faire, il appartient notamment aux organisations musulmanes d’œuvrer par tous les moyens légaux pour éviter les abus et violences liés à l’application de cette loi et continuer à dénoncer toutes les lois qui tendent à diviser notre société.

 

Union des Organisations Islamiques de France

Paris, 13 mars 2014

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